Trombes d'eau en entrant dans Limone. Mes tongues en cuir ne se sont toujours pas remises du choc. Vite, vite, aller récupérer mon dossard avant 20 heures ! ! Tiens une puce électronique à mettre au poignet. ? ! ! Sous le chapiteau inondé par les averses, c'est l'ambiance italienne..., succulentes petites ravioles au fromage, parmesan et éclats de rire clairs. Dawa est là, qui passe en revue les options d'itinéraires de secours pour le lendemain matin.
Réveil le 14 juin à 3h30 et 10°C (alt 1000 m), on ne va pas souffrir de la chaleur ! Je rajoute une micro polaire dans la poche du porte-bidons. Attente au chapiteau : cela jacasse tellement que je n'entends rien du briefing (je sais je suis sourd!). On sort, on caille, on rentre puis à 6h00 tout le monde embarque dans des bus.
Ma ! ! pourquoi pas ? (De mauvaises langues disent que le maire de Limone, une fois les hotels de la ville bien pleins, aurait refusé que la course traverse sa ville ! ! ? ?) 20 mn plus tard, nous quitte
ons les bus. Karine Herry, avec qui j'ai apprécié de pouvoir discuter est à côté de moi! Finalement départ 6h30 dans la brume à 1400m d'altitude. on court sur la route, cela commence à couper les lacets, le souffle court, à grand renfort de jurons en italien. Je ne sais pas si cela va aller bien loin tout ça !
Puis montée dans la neige et le vent glacial en passant les forts avec notre 1er séjour à 2000m. Ca prend encore des nouvelles au « telefonino » de la « famiglia »et de l' « echografia » de la « bambina » à venir et on redescend. Arrivée à la Minière (25 kms) sous le soleil. Ravitaillement avec café espresso ultra-court et discussions animées. Je laisse tout ce joli petit monde et c'est reparti, mais je force trop en altitude. Même si l'altitude max est de 2400 m, je paie cash avec céphalées et nausées.. J'arrive finalement à Authion (47kms) vraiment à la peine pour le début de la cuisson de « la pasta » de mes acolytes de course. Sabrina Decia la troisième féminine me double. Je fais le yoyo avec les autres. Il me faudra une heure pour récupérer l'énergie. Grande descente jusqu'à Sospel. La végétation change. Finis les alpages, cela sent maintenant le thym, la lavande et les roses sauvages. Mon ravito perso m'attend. Recharge de gels, sel, eau, un bout de cake salé difficile à faire passer et ça repart.
Maintenant je me sens vraiment bien (65 kms alt 400 m). Les jambes font parler la poudre. Grande montée au col des Banquettes (76kms) puis montée à la cime du Baudon, (elle court, elle court, la banlieue !) puis les antennes de Gallian qui surplombent la méditerranée. C'est parti, je lache tout, c'est sûr maintenant, je vais finir ! Certains essaient de m'accrocher, mais je suis plus tonique quand cela redeviend technique. Bonds en s'aidant des batons dans les sentiers en balcons, Je passe les escaliers descendants par volées de 3 marches. Enfin le sentier des douaniers ! et arrivée sur la plage. Voilà, ça c'est fait ! 93 kms 3910 m de D+ en 14 heures. 3 ans que je rêvais de cette course mais j'aurais bien aimé inscrire un 100kms au palmarés ! ! Dawa premier en 8h53 (mais il a coupé soit 9h31 officiel) Karine Herry 12h08 devant Virginia Oliveri qui avait pourtant eu raison de Corinne Favre l'année dernière à la Porte di Pietra. 430 partants 66/340 arrivants
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